ATS Paris : les thématiques de l’édition 2016 expliquées par les organisateurs (interview)

avril 6, 2016

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ExchangeWire, organisateur de la conférence ATS Paris qui aura lieu le 13 avril prochain (lire ici), suit de près les évolutions du marché programmatique aux États-Unis, en Europe et plus particulièrement en France. Chaque année, lors d’ATS Paris, on constate l’état de maturité et les principaux enjeux de cette industrie complexe et en constante évolution. Nous interrogeons Rachel Smith, directrice déléguée d’ExchangeWire pour décortiquer avec son aide les moments forts de la conférence cette année.

Rachel Smith--Colour LoRes-2Nous observons dans le programme d’ATS Paris 2016 une présence forte des thématiques liées à la monétisation d’inventaires : header bidding, full stack, ad blockers, l’évolution des places marché privatives ou coopératives d’éditeurs…. Pensez-vous que l’année 2016 est une année où la place de l’éditeur est plus forte dans l’actualité de la publicité en ligne et de surcroît digitale ?

La monétisation est particulièrement pertinente dans l’industrie cette année, car 2016 connaîtra une forte consolidation dans un marché qui s’est développé de manière significative ces dernières années. Les solutions technologiques feront en sorte de prouver leur importance. Les défis rencontrés par l’ensemble de l’industrie, comme le blocage de la publicité, affecteront d’une manière ou d’une autre tous les acteurs. Et la croissance du marketing programmatique fera que les acteurs de l’industrie chercheront à s’adapter afin de répondre à cette demande grandissante.

Le blocage de la publicité est perçu comme un problème majeur par l’industrie, mais il permettra éventuellement d’aider l’industrie de la publicité numérique. En effet, cela va améliorer la qualité d’expérience de l’utilisateur, et permettra à l’industrie d’offrir une meilleure expérience publicitaire, améliorant au final les stratégies de monétisation dans le long terme.

Pour ce qui est des acheteurs, vous évoquez la diversité des plateformes et comment « combler le fossé » entre elles. Est-ce que l’offre multiforme de plateformes technologiques d’achat pose problème aujourd’hui d’après vous ?

Facebook et Google contrôlent une trop grande partie du pouvoir d’achat. Leur capacité à fournir des produits ciblés et des mesures multi-plateformes les a aidés à contrôler la part du lion des dépenses. Mais cette approche “de première main” nuit à l’industrie. La capacité d’acheter en-dehors de ces “walled gardens”, d’utiliser le capping et d’optimiser les achats d’espace a été inhibée par la domination de Facebook et Google. Cependant, la situation est en train de changer. La modélisation probabiliste ainsi que des initiatives telles que la co-op de données d’Adobe donnent aux utilisateurs plus d’indépendance vis-à-vis de leur achat d’espace. C’est un enjeu important pour notre industrie car la concentration du pouvoir d’achat d’espace est mauvaise pour tout le monde: les acheteurs, les éditeurs indépendants et l’écosystème de la publicité technologique.

Côté vidéo et télé, on voit petit à petit en France l’essor des appareils connectés, des boxes et du VOD, mais on est encore loin d’uneATS Paris_2016_latéral publicité personnalisée dans de tels environnements, ne serait-ce que pour des raisons réglementaires. La table ronde consacrée par ATS à ce sujet parle d’un passage à la télé programmatique « inéluctable ». Pouvez-vous nous dire pourquoi est-ce inéluctable ?

Les budgets vont se déplacer petit à petit vers la télé programmatique à mesure qu’il deviendra évident que la manière dont les gens consomment les produits télévisuels a radicalement changé. Cependant, la qualité des publicités vidéos / télévisuelles va vraiment devoir s’améliorer  pour attirer ces budgets.

Ce changement est inévitable étant donnée la fragmentation de la consommation de produits médiatiques. La manière dont les produits télévisuels sont vendus et achetés doit s’adapter à l’évolution des habitudes de visionnage des téléspectateurs. Le ciblage par panel de consommateurs ne suffit pas lorsque tous les canaux sont en train de devenir programmatiques. Les acheteurs intelligents veulent y ajouter leurs données primaires afin d’obtenir un ciblage proprement granulaire et de livrer de meilleurs indicateurs-clés de performance (KPI). L’achat télévisuel évoluera plus lentement – mais les outils sont là pour que ça arrive. Les récentes acquisitions comme RTL et Comcast, ainsi que la décision de Dish de construire une plateforme de vente (SSP) pour l’inventaire télévisuel montrent qu’un futur programmatique de la télévision n’est pas loin.

Cet interview donne le ton de la richesse des thématiques qui seront abordées mercredi prochain à Paris dans le cadre d’ATS Paris. Cliquez ici pour découvrir le programme complet. Les lecteurs d’ad-exchange.fr, partenaire de cet événement, bénéficient d’une réduction de 20%. Il suffit de cliquer directement ici ou d’indiquer le code suivant lors de votre inscription : ATSP_AEXFR.