Compensation de contenus. Ce concept vous parle ?

juin 20, 2016

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Compensation de contenus. Ce concept vous parle ? Non ? Préparez-vous à peut-être l’entendre plus souvent car il est devenu le mot clé d’une start-up nouvelle-née Sourcepoint. Créé il y a moins d’un an aux États-Unis par des anciens de LiveRail, AppNexus et par le PDG  d’Admeld (acquise en 2011 par Google), Sourcepoint se définit comme un fournisseur de solutions pour améliorer la relation commerciale entre les éditeurs et leurs lecteurs et plus précisément comme une « solution de compensation de contenu ». Pour tenter d’y voir plus clair nous interrogeons le directeur général pour l’international de l’entreprise, Thomas Mendrina.

Sourcepoint_Thomas MendrinaSourcepoint a été lancée il y a moins d’un an pour apporter une réponse au phénomène d’ad blockers. Quelle est cette réponse ? Que proposez-vous précisément ?

Le blocage des publicités s’efforce à faire connaître un problème beaucoup plus important au sein de l’industrie – la rémunération du contenu. L’éducation est fondamentale pour garantir la protection des recettes publicitaires des éditeurs, la création de contenus divers et une expérience utilisateur plus satisfaisante. Nous savons qu’une approche « uniforme » n’est pas la solution ; afin de maintenir leurs activités, les éditeurs devront engager un dialogue direct avec les utilisateurs et chercher des modèles alternatifs qui complètent les modes de rémunération existants financés par la publicité, qui pourraient comprendre des expériences publicitaires personnalisées, des micros-paiements et une diversité de modèles d’abonnement. Sourcepoint apporte aux éditeurs technologie et prestations, leur permettant d’offrir des options de rémunération à leurs utilisateurs.

Au-delà de l’adoption de principes privilégiant une meilleure expérience utilisateur et une publicité moins intrusive, quel modèle les éditeurs doivent privilégier pour à la fois assurer leur financement et respecter les exigences de leurs lecteurs ?

Nos données révèlent que les consommateurs ne suivent pas un chemin spécifique quand il s’agit de choisir comment rémunérer les éditeurs pour le contenu qu’ils créent. Par conséquent, nous avons développé une plateforme qui tient compte de différents attributs et offre un choix aux utilisateurs de façon à s’assurer qu’ils lisent le contenu, tout en garantissant la rémunération des éditeurs. Ces objectifs ne sont pas contradictoires, au contraire, tous les deux peuvent être atteints.

Depuis quand Sourcepoint s’attaque au marché européen ?

Nous voyons l’innovation naître des pays européens, comme en témoignent les initiatives prises par GESTE en France et l’IAB en Suède. Les tarifs du blocage de publicités sont plus élevés en Europe, les sociétés de blocage de publicités pour plug-ins de navigateur sont basées ici et les éditeurs sont prêts à reprendre le contrôle sur leur contenu, par conséquent, nous savions que l’Europe était le bon endroit pour commencer. Nous avons ouvert nos bureaux de Berlin et de Londres en septembre 2015 et avons renforcé notre présence en France, Scandinavie et au Benelux au cours du deuxième trimestre de 2016.

Quels sont ses clients ici en Europe et aux Etats-Unis ?

Nous travaillons avec les meilleurs éditeurs sur de nombreux marchés pour établir des normes de marché. Fait intéressant, l’un de nos clients les plus importants à l’échelle mondiale pour la récupération des publicités est basé en France ; il regagne 30 % d’impressions publicitaires supplémentaires pour la diffusion publicitaire en natif et en prime, sans réclamations des utilisateurs. Cette situation souligne toute l’importance de la récupération des publicités et des options de rémunération tant pour l’utilisateur que pour l’éditeur. Les utilisateurs ont accès au contenu qu’ils souhaitent lire et les éditeurs peuvent monnayer ces utilisateurs sans frictions. Par conséquent, lorsque les éditeurs font bien les choses, les deux parties en bénéficient.

Luciana Uchôa-Lefebvre

(Images: Sourcepoint.)