DMP : la belle histoire d’Ezakus continue avec une seconde levée de fonds

mars 26, 2013

camborde (1)La France compte dans ses rangs des serials entrepreneurs parmi lesquels figurent Christophe Camborde et Yannick Lacastaigneratte. Ces derniers ont d’abord fondé Steek qui à l’origine s’appelait Agematis en 2002. Le spécialiste bordelais de l’archivage en ligne (SaaS) a été vendu au finlandais F-Secure en 2009 pour 30 M€. Pour leur seconde tentative, les deux cofondateurs ont choisi le RTB. « On a vu que le marché des trading desks était déjà occupé, alors on s’est dit qu’il y avait une formidable opportunité sur le ciblage. On s’est donc lancé dans une nouvelle aventure, celle du trading d’audience » commente Christophe Camborde. L’histoire commence donc en 2011. Sur ce nouveau projet Christophe Camborde et Yannick Lacastaigneratte n’ont aucune difficulté à séduire un premier investisseur de référence sur la place parisienne, Guillaume Lautour d’Idinvest Partners. Ce dernier, qui a investi dans Deezer ou DailyMotion les avait soutenu sur le projet Steek. Avec 2,2 M€ levés à la création la jeune pousse peut se concentrer sur le développement de la plateforme. Une vingtaine d’ingénieurs a été recrutée afin de développer une technologie destinée à la collecte et à la segmentation d’audience des sites. Ensuite, Ezakus s’interconnecte aux DSP et SSP pour mettre à disposition ces données enrichies aux régies publicitaires qui peuvent donc vendre plus cher le CPM aux annonceurs. « On envoie la bonne publicité aux bonnes personnes » résume Christophe Camborde. Pour la petite histoire Ezakus vient du grec Ésaque ou Ésacos, fils de Priam et d’Arisbé qui a le don d’interpréter les rêves.

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Audience Square, M6 et Les Echos comme premières références client

En Mai 2012, Ezakus a signé sa première référence, la place de marché Audience Square. Depuis, Ezakus s’est rapproché des régies fondatrices d’ASQ : M6 a signé en novembre et Les Echos viennent d’en faire de même. On peut donc logiquement s’attendre à ce que d’autre références parmi les autres actionnaires d’ASQ. Les régies publicitaires des principaux éditeurs hexagonaux ont donc tous les atouts en main pour s’approprier la valeur créé par les données fournies par les DMP (Data Management Platform). Il faut donc arrêter de vendre du CPM et des panels et commencer à proposer aux annonceurs de l’audience ciblée par la data. S’ils manquent cette opportunité, ce seront des trading desk qui s’engouffreront dans la brèche.D’autant plus que les 1000 Mercis et autre Leadmedia Group sont désormais à la manoeuvre sur les chantiers de la Data (CRM + acquisition RTB)

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Accéder à votre CRM en RTB

Le marché d’Ezatus s’étend bien au-delà d’univers des régies online. En décembre 2012, Experian a dévoilé un partenariat qui vise à permettre à chaque annonceur qui possède une base client, et donc un CRM, de mettre des cookies anonymes derrière. Cela va permettre donc par exemple à un gros e-marchands de recibler ses clients sur les critères de leur comportement d’achat. « On fait le lien entre notre identifiant et celui de tiers comme Facebook, Appnexus, Google Doubleclick ou encore votre CRM. Nous respectons l’intégrité de l’information qui est transporté. On ne fait que passer l’information sur un segment sans en connaître la véritable nature. On sert donc à réorienter les flux RTB en respectant l’anonymat des gens. » L’association Experian-Ezakus c’est l’ouverture aux RTB de possibilités de ciblage de 26 millions de contacts qualifiés sur des variables vérifiées. Les profils sont issus des spécialistes du crédit à la consommation. Qu’est-ce que cela signifie de nouveau pour un annonceur ? La possibilité d’effectuer les campagnes sur des sites premium comme ASQ ou La Place Media, ciblant les CSP+, avec des critères de contexte et aussi un segmentation en fonction de 800 indicateurs de la base Mozaic d’Experian. L’annonceur paie à Experian, donc le cookie, au CPM ainsi que le media. Aujourd’hui la valeur de la donnée n’est pas encore comprise par le marché. Aussi sur 100€ dépensés par l’annonceur 90% ira dans le média. Dans quelques années la data vaudra peut-être autant que le média. C’est en tout cas la pari d’Ezakus.

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Quel positionnement ?

« Nous sommes dataless : on n’a rien qui est à nous, c’est ce qui est disruptif sur ce marché. Ezatus n’est pas crédible dans le fait d’avoir de la donnée par contre les éditeurs ou les gros annonceurs le sont. Ces derniers mois on a investi 1,5 M€ dans la technologie ce qu’aucun éditeur ne fait pour son compte. On va donc aider ceux qui ont de la donnée à l’utiliser sur les ad-exchanges avec notre techno. » Cette approche est diamétralement opposée à celle des acteurs américains qui eux sont allés chez les éditeurs pour leur acheter les données. C’est sûr qu’en termes de valorisation financière, les investisseurs préfèrent une entreprise qui a des actifs qu’une bête de course qui n’en veut pas. Ce choix singulier semble peu à peu validé par leur marché puisque de plus en plus d’ex « data-resellers » se repositionnent DMP donc sur un axe de neutralité et d’interconnexion de flux. On peut espérer que le modèle initial des data exchanges est en train de disparaître : fini la boîte noire sur les données dont on ne connait ni la source ni la qualité.

2013 : une 2ème levée de fonds pour financer le développement international

Fort de son succès sur le marché hexagonal, Ezakus souhaite dupliquer son modèle en Europe. Aussi, la jeune pousse va annoncer dans quelques jours un second tour de table de plusieurs millions d’euros pour financer ce développement à l’international avec l’Amérique en ligne de mire. Christophe Camborde nous a confié qu’Ezakus va, de plus, continuer à investir massivement dans sa technologie pour faire évoluer le modèle DMP.


Ezakus pour les Annonceurs par ezakus