DMP : Quand le digital sert à augmenter les ventes en magasin (suite d’itw Ysance)

décembre 13, 2016

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Suite de l’interview de Laurent Letourmy, patron d’Ysance, société française éditrice de plateformes de gestion de données (DMP) spécialisée dans l’univers du retail. (Pour voir la première partie, cliquez ici).

Comment traitez-vous les prospects qui ne sont pas dans la base CRM de l’annonceur ?

Laurent-LetourmyNotre matière de travail est l’audience de nos clients retailers (Auchan, Decathlon, Yves Rocher, etc.). En fonction de votre comportement vous rentrerez très rapidement dans des segments d’audience et on vous qualifiera très précisément. Ensuite on va enrichir la connaissance sur votre profil avec des bases externes (des fichiers marketing Experian, Acxiom ou autre) et on va personnaliser les messages qu’on va vous envoyer. Si on vous connaît on va vous envoyer un e-mail. Dans le cas contraire, on va vous chercher via les médias. Quel que soit le cas de figure, on va chercher à personnaliser au maximum votre parcours d’achat pour à la fin vous transformer en client fidèle, avec un e-mail, avec qui on va pouvoir discuter.

Cela se passe par exemple via la carte de crédit ?

Nous n’avons pas le droit de matcher des informations via la carte de crédit en France. C’est interdit.

Comment vous le faites alors ?

Cela se fait grâce à des programmes de fidélité ou par d’autres points de contact, par exemple, des applications mobiles, des étiquettes intelligentes, etc. On va chercher à générer des interactions qui vont permettre de reconnaître les gens. On ne le fera pas à leur insu: les retailers sont extrêmement préoccupés par le respect de la vie privée, l’opt-in, l’usage des données, par l’image qu’ils dégagent auprès des consommateurs, car leur marque a beaucoup de valeur et d’importance pour eux.

Quels sont les autres points de contacts possibles alors pour pouvoir les suivre ?

Des beacons, qui commencent à arriver en magasin, et des interactions avec votre téléphone mobile. Quel que soit le contact on sait s’en souvenir, les matcher et vous reconnaître derrière.

Oui mais les bases de ce contact sont essentiellement les cartes de fidélité ou alors une visite sur le site ou application de l’annonceur, non ?

Oui, mais dans ce deuxième cas on ne vous connaît pas nécessairement. En revanche, plus tard, un jour, quand vous retournerez dans un magasin ou sur le site, que vous cliquerez sur un e-mail ou que vous vous identifierez, on s’en souviendra et on pourra matcher l’historique de vos achats, ce qui permettra d’augmenter subitement toute la connaissDMP_Ysanceance que l’on a de vous et de mieux vous parler. C’est une vraie démarche dans le temps. Nos clients se construisent progressivement leurs propres assets de données. C’est  un moyen pour eux de résister aux walled gardens et de devenir indépendants par rapport à ces grands acteurs qui ont une connaissance consommateur gigantesque.

Est-ce que vous opérez pour d’autres marques qui ne sont pas dans le giron de la société d’investissements de la famille Muniez, propriétaire du groupe Auchan, de Decathlon et de Boulanger, auprès de qui vous avez levée 5 millions d’euros il y a un an ?

Bien sûr, Etam, Yves Rocher et bientôt d’autres clients importants.

Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis  cette levée ?

Pour construire une plateforme il faut beaucoup d’argent pour financer la R&D. D’autre part, une société comme la nôtre doit donner un gage de pérennité dans le temps, car les DMP impliquent des investissements de plusieurs années (de 2 à 5 ans) pour nos clients, qui sont de grandes entreprises. C’est plus compliqué de faire confiance à une petite start-up avec un financement léger. Notre partenaire financier est connu, nous assure cette stabilité dans le temps et nous donne accès à de vrais experts du monde du retail, qui nous conseillent et nous fournissent des retours nous permettant de développer notre expertise sur ce monde-là.

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 Propos recueillis par Luciana Uchôa-Lefebvre

(Images : Shutterstock et Ysance.)