Google facture de fausses vues aux annonceurs sur YouTube affirment des chercheurs européens

septembre 24, 2015

Etude-Google

La nouvelle est en train de secouer le marché, avec d’importants exécutifs de grands groupes médias exigeant de Google une position (lire par exemple les déclarations de Martin Sorrel, WPP dans le Financial Times). Une étude européenne a priori très sérieuse dénonce des pratiques peu recommandables voire très graves de Google à l’égard de ses clients annonceurs. L’entreprise leur facturerait des campagnes sur YouTube même lorsque sa plateforme de détection de la fraude identifie qu’il s’agit bien d’un robot et non d’un vrai internaute qui voit la vidéo.

L’étude, disponible sur ce lien, largement relayée par la presse américaine et britannique, à commencer par le Financial Times, a été conduite par quatre organismes de recherche européens, italiens et espagnols : UC3M, Imdea, NEC Labs Europe et Polito. Elle s’intéresse particulièrement au problème de la fraude sur de l’inventaire vidéo.

étude_google_fakeLe souci premier, expliquent les chercheurs, est que dans le cas du contenu vidéo les seuls moyens de vérification actuellement à la portée des annonceurs sont ceux des portails qui les hébergent, ce qui implique une absence évidente d’outils de mesure et de vérification indépendants. Cinq principales plateformes ont été passées au crible des chercheurs, dont YouTube, Dailymotion et Vimeo.

Le système de détection de la fraude de YouTube serait de loin le plus performant, selon les chercheurs, même s’il demeure encore susceptible à des attaques. L’étude cherche à démontrer que tandis que la plateforme décompte les fausses vues de son compteur public au fur et à mesure de leur détection, elle continue cependant de les intégrer dans son compte servant à facturer les annonceurs. Elle monétiserait ainsi « pratiquement » toutes les fausses vues qu’elle identifie.

Selon la presse britannique, Google a déclaré avoir pris contact avec ces chercheurs pour discuter de leurs conclusions, en rappelant que l’entreprise prend le sujet à cœur et qu’elle a déjà investi des sommes considérables pour que le faux trafic n’atteigne pas ses systèmes.

Concernant les autres plateformes, leurs systèmes de détection sont considérés largement insuffisants par les chercheurs en question.

Mise à jour (24/09 12:41): comme nous l’avions déjà anticipé au pied de notre article, Google déclare officiellement: « Nous sommes en train de contacter les personnes en charge de cette étude pour discuter de leurs conclusions. Le trafic frauduleux est un problème que nous prenons très au sérieux. Nous avons beaucoup investi dans la technologie et l’équipe en charge d’empêcher ce genre de pratique sur notre plateforme. La grande majorité du trafic invalide est filtré par nos systèmes avant même que nos annonceurs soient facturés ». Google France invite les lecteurs à découvrir aussi leur billet « revenant sur toutes nos récentes initiatives en matière de lutte contre la fraude publicitaire » (cliquez ici).

LUL

(Image : « Understanding the detection of fake view fraud in Video Content Portals », disponible sur ce lien.)