L’aventure authentique de Snapchat même en matière de publicité

août 6, 2015

snap_openÇa y est : le réseau social des teens Snapchat assume sa casquette d’éditeur convoité et aiguise son discours en vue d’attirer les plus grands annonceurs. Bloomberg Business a publié un article très élogieux faisant part de l’ascension fulgurante de ce service de partage d’images et de vidéo éphémères disponible uniquement sur smartphones qui cherche désormais à asseoir son business et qui fait de l’ombre aussi bien aux chaînes télé qu’à Facebook.

Le fondateur de Snapchat, Evan Spiegel, d’habitude très discret, serait ainsi désormais « prêt pour parler au sujet d’un moment de virage majeur pour son entreprise ». Lancé il y a trois ans, le réseau social aurait comme membres actifs 60% des utilisateurs de smartphones ayant entre 13 et 34 ans aux Etats-Unis. Ensemble ils regarderaient plus de 2 milliards de vidéos par jour (!) à travers Snapchat, ce qui correspond déjà à la moitié des vidéos vues sur Facebook, un réseau social de sept ans son aîné et avec 10 fois plus de membres. Ces arguments sont présentés dans un document de 23 pages élaboré récemment par l’entreprise à l’attention d’agences de publicité, selon ce que révèle Bloomberg.

Snapchat_captureRappelons-nous, poursuit l’article, Evan Spiegel a été considéré suffisamment fou (nous dirions clairvoyant) pour refuser en 2013 l’offre cash de $3 milliards qui lui aurait proposée Facebook pour acquérir Snapchat à un moment où son revenu était égal à zéro… C’est en quelque sorte un CEO non conventionnel, « un libre penseur qui est en train de prendre le chemin opposé de la plupart de ses rivaux non pas parce qu’il est imbu de sa personne mais parce qu’il croit que les jeunes internautes ne sont pas bien desservis par les autres réseaux sociaux à but lucratif ».

Spiegel et son partenaire co-fondateur Bobby Murphy ont vu juste : à un moment où, où que l’on aille sur Internet, nos traces restent en chemin et ne s’effacent pas, Snapchat propose l’éphémère…

Mais que compte-t-il faire des annonceurs s’il déteste le retargeting et trouve la publicité personnalisée beaucoup trop intrusive ? Continuer de présenter des spots à la manière de la télévision : des films de 10 secondes présentés verticalement sur la totalité de l’écran. Et si au départ les prix exigés étaient très élevés, ils ont dû vite baisser, les annonceurs argumentant entre autres qu’une publicité sur Snapchat ne peut pas être partagée entre ses membres ni même bénéficier d’un minimum de données de ciblage et d’attribution…

 

Lire ici l’article signé par Brad Stone et Sarah Frier sur bloomberg.com.

(Image : snapchat.com)

 

Luciana Uchôa-Lefebvre