Programmatique direct : Rubicon Project a payé iSocket 100 fois son CA, 25 M$ pour 200k $ de revenus

février 2, 2015

BlogTile_2C’est toujours très intéressant d’analyser les résultats financiers des entreprises américaines qui sont en bourse. On apprend beaucoup de choses… Ainsi, dans la course au programmatique direct, le SSP Rubicon Project a mis la main sur iSocket en Novembre dernier. Le montant de la transaction est confirmé dans le document de la SEC disponible ici. Si vous pensez que le programmatique direct explose et bien vous allez être déçus. En effet, iSocket est valorisé 100 fois ses revenus qui ont tout juste dépassé les 207 000 $ en 2013. On comprend pourquoi les propriétaires d’iSocket ont sauté au plafond lorsque Rubicon leur a proposé une valorisation de 25 M$. En effet, la vente de technologie de programmatique direct n’est pas facile. Pour les 3 premiers trimestres de 2014, iSocket n’a pas explosé et même vu ses revenus diminués de 10% à 165 000 $. Durant cette période l’entreprise a brulé 5 M$ et au moment du rachat il ne lui restait que 3.1 M$ en banque. Autant dire que iSocket avait que 6 à 9 mois de visibilité avant d’être en faillite ou bien de tenter de séduire de nouveaux investisseurs. Or, avec de tels chiffres pour 2013 et 3014, il n’aurait pas été facile de convaincre des VCs d’investir dans une entreprise au futur très incertain. Le prix intègre un goodwill de 10 M$ au dessus de la valorisation de la technologie d’iSocket. En effet, cela permet à Rubicon d’attaquer le marché du programmatique direct qui est jugé stratégique. Pour son CEO, Frank Addante, cela représente 60 Mds $ de transaction à automatiser.

620x350xcards-166440_640-620x350.jpg.pagespeed.ic.lnK6-2InZ-Alors que iSocket prélevait par exemple 3% de commissions sur les transactions effectuées, cela signifie que seulement 7 M$ ont été échangés sur la plateforme. Si on estime à 1% cela ne fait que 20 M$… le marché reste donc naissant car le marché du programmatique direct est estimé à 800 M$ l’an dernier par eMarketer contre 80 M$ en 2013. On peut donc penser que ces chiffres sont exagérés et que le programmatique direct est bien plus petit que ce que l’on peut croire… la croissance reste à venir.

 

Pierre Berendes