Rocket Fuel proprose un outil gratuit de détection de la fraude : trop basique et pas très utile

novembre 6, 2014

Screen Shot 2014-11-04 at 22.38.25Le scandale Mercedes a du bon pour Rocket Fuel. Pourtant l’entreprise américaine a vu rouge le 26 Mai dernier à la lecture d’un article du Financial Times qui a révélé qu’une campagne vidéo opérée pour le constructeur automobile Mercedes avait été vue par plus de robots que d’humains. L’étude de Telemetry a démontré que 57% des publicités affichées avaient été vues par des robots au lieu de véritables personnes. Catastrophe. Rocket Fuel n’a jamais eu l’intention de frauder et s’est découvert victime d’un phénomène qui touche beaucoup d’autres acteurs de l’ad tech. La réponse de Rocket Fuel était que seulement 6% des impressions diffusées étaient douteuses donc pas forcement issues de robots. Pourtant, ce fut le début de la fin pour RocketFuel dont la capitalisation boursière dépassait les deux milliards de dollars il y a quelques mois. Depuis, ce chiffre a fondu  : RocketFuel est valorisé 550 M$ et son cours avoisine les 15 $ soit 4 fois moins qu’il y a 8 mois. On est bien loin de l’IPO de Septembre 2013 où le le premier jour de cotation le cours de l’entreprise avait doublé passant de 29 à 60 $. En 2014, la croissance est resté soutenu mais est passé de 3 chiffres à deux chiffres. Au coeur de l’été, Rocket Fuel a annoncé une autre mauvaise nouvelle à ses actionnaires avec une baisse de ses objectifs financiers pour l’année 2014. Le lendemain le cours a perdu 30%.

TrafficScannerRocket Fuel vient de laisser passer l’orage et vient de lancer une nouvelle solution qui est disponible non seulement pour son inventaire mais aussi pour tous les acteurs du marché qui peuvent l’utiliser gratuitement. Il y a quelques jour Rocket Fuel a levé le voile sur Traffic Scammer qui se veut (très sobrement) être le Google Analytique de la Fraude. L’outil devrait permettre à tous les acteurs de se rendre compte de l’ampleur de la fraude. L’outil gratuit peut être utilisé par tous les trading desks, DSP, éditeurs pour avoir une idée de la qualité des campagnes qui sont opérées. Il suffit de placer un pixel sur leurs campagnes ou sur leur site pour les éditeurs afin d’avoir un aperçu du niveau de fraude. Rocket Fuel utilise les mêmes technologie de détection et de blocage de la fraude que les spécialistes du sujet comme Double Verify, comScore, Integral Ad Science Ad Ledge ou Forensiq. L’outil est simple puisqu’il se résume à donner un pourcentage du trafic légitime et celui qui est suspect. Il ne dit pas d’où l’inventaire « gris » provient. Aussi, il est impossible de pouvoir remédier aux sources du problème.

On peut se demander si cet outil n’est pas un bon alibi pour que l’entreprise se refasse une nouvelle crédibilité. D’ailleurs le lancement est accompagné aux USA d’une campagne de marketing. D’ailleurs Rocket Fuel estime que désormais seulement une impression sur 30 serait suspecte soit un peu plus de 3% contre une moyenne de 36% estimée par ComScore. Il semble donc que l’affaire Mercedes a servi de leçon. D’ailleurs Mercedes serait toujours client de l’entreprise dont l’inventaire proposé serait de meilleure qualité. Sur le plan financier RocketFuel a enregistré 80% de croissance de son chiffre d’affaire au 1ere semestre 2014.

robotIl n’en demeure pas moins que les outils anti fraude du marché ne coutent que quelques centimes du CPM et donc ne sont pas très couteux. Ils permettent non seulement d’identifier la fraude mais aussi de l’éliminer. Le calcul est simple. Entre un outil gratuit qui ne permet pas d’agir et une solution qui permet non seulement d’observer mais aussi de réduire le fraude, il n’y a pas photo…

 

 

Pierre Berendes