Université de Pennsylvanie publie rapport choc contre l’usage que les marketeurs font des données

juillet 8, 2015

Pennsylvanie_rapport_openUn rapport choc au sujet des discours et des pratiques des marketeurs dans l’univers digital – qui ne représenteraient pas du tout les souhaits d’une majorité d’Américains en ce qui touche à la collecte des données – réalisé par des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie (Annenberg School) vient d’être dévoilé.

On n’y mâche pas ses mots : « les marketeurs représentent de manière inexacte une majorité d’Américains en défendant l’idée que ceux-ci partagent volontiers des informations à leur sujet en échange de bénéfices [marketing] qu’ils reçoivent. Au contraire, l’étude révèle que la plupart des Américains ne croient pas que « des données en échange de réductions » soient un accord équitable. »

Selon cette étude, ce n’est pas vrai que les consommateurs partagent volontiers leurs propres données. Non. Ils le font par défaut, car ils se résignent en se disant qu’après tout ce sont des pratiques indésirables qu’on leur impose et qu’ils se sentent incapables d’éviter. Plus de la moitié des citoyens américains interrogés indiquent qu’ils ne souhaitent pas perdre le contrôle des informations les concernant mais qu’ils pensent l’avoir déjà perdu en pratique.

« En détournant la réalité et en vantant l’argument du compromis les marketeurs sont en train de donner aux politiciens de fausses justifications pour faire en sorte que ces derniers autorisent la collecte et l’utilisation de tout type de données au sujet des consommateurs et souvent d’une manière que le public estime inacceptable. »

Pennsylvanie_rapport_coverL’enquête a été menée début 2015 auprès de 1506 citoyens américains de 18 ans et plus. Voici quelques-unes des trouvailles :

– 91% ne sont pas d’accord (dont 77% pas du tout d’accord) avec l’affirmation selon laquelle « Si les entreprises me donnent une réduction, il est juste qu’elles collectent des informations à mon sujet sans que je sois au courant » ;

– 71% sont en désaccord (dont 53% très fortement) avec l’idée qui veut que « ce soit juste qu’un magasin en ligne ou physique observe ce que je suis en train de faire en échange d’un accès gratuit à Internet ».

– 55% sont en désaccord avec le principe selon lequel « le magasin où j’achète des articles utilise l’information à mon sujet pour bâtir une photo qui améliore les services qu’il me fournit ».

Pire encore, cette étude tend à prouver qu’une majorité de citoyens est mal renseignée sur ses droits et sur ce que les marketeurs peuvent ou ne peuvent pas faire.

L’étude, réalisée en collaboration avec Princeton Survey Research Associates International, met en valeur le manque effroyable de transparence dans le marché de la publicité digitale et le fait que beaucoup d’efforts restent encore à accomplir par les acteurs de cette industrie afin d’atteindre une relation équitable où le partage de données se fait de façon consciente, consentie et équilibrée.

Pour y accéder, cliquez ici.

Luciana Uchôa-Lefebvre