Fidzup veut booster l’adoption de boîtiers du type beacon dans les magasins français

septembre 24, 2015

Fidzup_open

Petit à petit, les beacons font leur apparition en France. Nous vous parlions hier d’Ezeeworld qui a équipé des Maisons de la presse avec ces boîtiers. Désormais c’est la start-up française Fidzup qui propose gratuitement aux commerçants des boîtiers faisant aussi le lien entre le monde physique et le digital, mais basés sur une technologie quelque peu différente, dans une opération cherchant à propulser leur adoption dans l’Hexagone.

Fidzup est déjà bien positionnée sur ce marché de l’interaction entre le digital et le monde physique, puisque depuis 2014 elle propose une solution de retargeting qui utilise des boîtiers installés dans les magasins pour transmettre des messages aux consommateurs (lire ici notre article). Ces « Fidbox » utilisent une technologie différente des beacons, ces derniers s’appuyant sur le bluetooth (BLE – Bluetooth Low Energy) : « Il s’agit d’un beacon multi‐technologies embarquant du BLE, du WiFi et de l’ultrason », on explique dans un communiqué.

L’un des résultats est que les consommateurs reçoivent des messages promotionnels en passant à proximité des boîtiers s’ils sont connectés à la WiFi ou s’ils disposent de l’application du commerçant en question (donc pas besoin de nécessairement disposer d’une application).

Mais de quels moyens disposent les mobinautes de ne pas opter pour ce service tout en restant connectés, s’ils le souhaitent ? Et cette technologie différente mise en place par une start-up française innovante, de quelle marge de manœuvre dispose-t-elle face à des géants comme Apple et Google ? Pour creuser le sujet nous avons posé quelques questions au co-fondateur et directeur marketing de Fidzup Anh-Vu Nguyen

anh-vuTout d’abord, touchons deux mots sur cette opération marketing que vous mettez en place jusqu’à fin novembre : quelle est la contrepartie pour le commerçant d’accepter d’équiper son magasin avec vos Fidbox gratuits ? Quel coût cela peut représenter ?

Notre objectif est de favoriser l’adoption de cette technologie par les retailers, et de leur faire comprendre l’importance que prend le mobile dans le parcours shopping du consommateur. Nous avons développé un savoir-faire sur la captation de données comportementales en point de vente, et l’exploitation de ces données dans des logiques publicitaires, avec une offre aujourd’hui unique sur le marché. Dans les grandes lignes, nous leur permettons d’une part de mesurer l’impact d’une campagne online sur les visites offline, mais aussi de faire du retargeting des consommateurs passés en magasin. Ainsi, nous proposons aux retailers qui le souhaitent de leur offrir le matériel (la Fidbox), en contrepartie d’une collaboration sur notre plateforme publicitaire. Les enseignes auront donc à prévoir un budget publicitaire pour lancer une campagne de drive to store ou de retargeting avec Fidzup.

Quel est le moyen dont dispose le consommateur de ne pas être suivi par ces Fidbox – à la fois pour ne pas recevoir des messages ni être compté par l’enseigne à des fins d’attribution – tout en restant connecté ?

Tout d’abord, le consommateur peut désactiver son Wi-Fi, pour ne pas être détecté par nos Fidbox. S’il souhaite rester connecté, nous avons aussi mis en place un dispositif d’opt-out, accessible depuis notre site web ainsi que sur chaque bannière affichée sur le mobile du consommateur. Par ailleurs, nous affichons notre présence en point de vente, avec une notice d’information sur notre métier et la méthode à suivre pour se désinscrire. Enfin, si le consommateur est porteur de l’application du retailer chez qui il se trouve, alors il lui suffira de désactiver son bluetooth.

Votre technologie étant en concurrence directe avec celle d’un Google (Eddystone) ou d’un Apple (iBeacon), quels sont les challenges d’après vous pour qu’elle ait sa place sur ce marché de plus en plus convoité ?

La Fidbox est un beacon multi-technologie. Là où Eddystone et iBeacon ne proposent que du BLE, nous travaillons aussi avec les technologies Wi-Fi et Ultrason. En effet, les premiers retours sur les déploiements BLE démontrent que le reach n’est aujourd’hui pas encore suffisant. La nécessité d’activer le bluetooth et d’avoir une app spécifique d’installée sur le mobile du consommateur représentant deux freins majeurs à l’adoption de cette technologie. Avec la Fidbox, l’enseigne pourra ainsi capter jusqu’à 80% des smartphones présents en point de vente (nous détectons par exemple tous les smarthpones ayant le Wi-Fi d’activé, sans app à installer). De plus, pour se faire une place sur ce marché, nous estimons qu’il faut mettre en avant les usages développés autour de ces technologies, et nous sommes persuadés que notre approche – publicitaire à la performance – saura convaincre les retailers qu’il faut aller plus loin que le BLE.

Fidbox_sans slogan

De combien de clients disposez-vous ? Quelle évolution depuis 2014 lorsque vous aviez lancé votre Fidzup retargeting en termes de portefeuille de clients, de CA, de boîtiers installés… ?

Depuis le lancement en 2014, nous travaillons avec une vingtaine de grands comptes (parmi lesquels Etam, Renault, Klépierre, Opel…), nous avons déployé plusieurs centaines de Fidbox et capté près d’1 mobinaute français sur 2 au moins une fois. Le lancement de notre offre de Drive to store nous a permis d’ouvrir une nouvelle verticale : la restauration. En effet, ce produit permet de générer du trafic chez tout acteur souhaitant booster son trafic. Ainsi, nous avons pu mesurer l’impact réel d’une campagne mobile géolocalisée sur les visites générées dans leurs restaurants, pour des acteurs comme KFC ou Buffalo Grill par exemple.

L’offre d’installation gratuite des boîtiers en contrepartie des services de l’ad tech est lancée aujourd’hui et devra durer jusqu’à fin novembre.

Luciana Uchôa-Lefebvre

(Images : Fidzup et capture d’écran www.fidzup.com.)