La recommandation de contenus désavouée aux Etats-Unis

novembre 22, 2016

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La recommandation de contenus, pratique largement adoptée par bon nombre d’éditeurs et souvent confondue avec le concept de publicité native, n’a pas bonne presse en ce moment aux Etats-Unis. Plusieurs médias  réputés par leur qualité éditoriale sont en train de les arrêter, comme Slate et The New Yorker. D’autres, comme le New York Times, sont fiers de montrer qu’ils refusent d’y avoir recours. La raison évoquée est l’importante récurrence de recommandations de mauvaise qualité, qui s’y faufilent nuisant à la réputation des médias en question.

Les contenus recommandés sont des liens qui apparaissent en bas de l’article. Ils sont généralement présentés avec la même charte graphique du média qui les accueille. Ils ciblent des thématiques en lien avec les sujets traités par l’article ou les rubriques dans lesquelles il est inséré. Ces contenus sont en réalité des messages publicitaires qui offrent aux éditeurs une source supplémentaire de revenus. De nombreuses plateformes permettent de programmer leur déploiement de manière automatisée, comme Taboola, Outbrain, Revcontent et ZergNet.

Le souci avec ces liens semblent de plus en plus nombreux. Des annonceurs peu scrupuleux, qui sont souvent en réalité des éditeurs de sites bas de gamme cherchant à attirer du trafic, s’en servent pour publier des publicités mensongères ou dont le contenu est plutôt peu respectable, d’après le témoignage de nombreux éditeurs et personnalités interrogés par  le New York Times.

Un autre problème de ces recommandations se situerait dans la manière de les présenter, souvent ambiguë, de manière à ce que l’on ne sache pas d’emblée qu’il s’agit de contenus promotionnels. La preuve en est l’exemple ci-dessous tiré du site forbes.com par nos soins: ce n’est qu’en regardant très attentivement que l’on retrouve la mention « Adds by Revcontent ».

Adds_recommandation

Par contraste, sur The Guardian, la mention « Promoted links around the web recommended by Outbrain » s’affiche en beaucoup plus grand:

The Guardian_promoted link

L’article du New York Times cite une étude réalisée par l’organisme ChangeAdvertising.org qui a passé au peigne fin les 41 (parmi 50) sites d’éditeurs premium (dont Forbes, Time, CNN et The Guardian) ayant recours à la recommandation de contenus. L’étude indique que 26% de ces liens étaient originaires de fermes à clic. De quoi inquiéter en effet !

Lire ici l’article complet du New York Times sur ce sujet.

LUL

(Images : Millward Brown ; extraits de forbes.com et de guardian.com.)