Social : les dessous de l’industrie des machines à likes, fans et autres followers

août 21, 2013

2013-08-05_201245

L’histoire relatée par le journal britannique The Guardian et la chaîne britannique Channel 4 commence par une page Facebook qui fait la promotion des courgettes. Rien de spécial, si ce n’est que les 600 « likes » qui ont été enregistrés sont tous frauduleux. Ils sont l’œuvre de petites mains sous payées au Bangladesh. D’ailleurs, il n’en coûte pas plus d’une dizaine d’euros pour pouvoir bénéficier d’un millier de « likes » issus de travailleurs opérant 24 heures sur 24, fonctionnant selon le rythme des trois-huit et dont le salaire annuel de chaque employé ne dépasse pas les 100 euros. Alors même que désormais on mesure le succès d’une entreprise moderne au nombre de fans sur Facebook, de followers sur Twitter, au nombre d’abonnés sur Google Plus, de suiveurs sur LinkedIn ou de vidéos vues sur Youtube.

2013-08-06_164602Le soucis c’est que ces fabriques à clics risquent d’éroder la confiance des consommateurs face à des indicateurs sociaux qu’il est possible de détourner. Ces pratiques peuvent nuire à Facebook, Google et Twitter qui risquent de voir les investissements publicitaires diminuer. D’un autre côté, la tentation des entreprises à bien paraître sur les réseaux sociaux est si forte que certains annonceurs succombent. Les « likes » et autres indicateurs opinion sociale sont devenus très importants dans la vie réelle. Ainsi près du tiers des client regardent les avis consommateurs, visitent les pages Facebook ou le fil Twitter d’une marque avant d’acheter. C’est pourquoi ce genre d’usines à clics peut conduire à une tromperie pour les internautes.

D’un côté, on a donc les entreprises qui doivent tout faire pour briller sur les réseaux sociaux et de l’autre des esclaves des temps modernes qui passent leur journée à cliquer pour gagner leur vie. Le salaire est miséreux : 1$ pour 1000 followers ou 1000 likes. Hasbro qui édite le jeu Monopoly s’est récemment fait prendre la main dans le sac. Le dessin animé anglais « Sir Billi » a reçu plus de 65000 fans sur Facebook ce qui est beaucoup plus que de nombreux blockbusters américains. En 2010, la marque mondialement connue de boissons Coca-Cola s’est fait aider pour dépasser les 6 millions de vues pour sa publicité inspirée des Simpson qui a été diffusée lors du Super Bowl.

Le problème est important puisque ces fausses informations peuvent désorienter le consommateur et le tromper dans son jugement. D’un autre côté, ces faux avis ont un impact positif sur le référencement naturel, le SEO.

Rassurons-nous, il n’y a rien de neuf dans tout cela. Depuis plus de 15 ans, ce type de fraude existe sur la toile. Le lancement du premier réseau au clic au milieu des années 1990 est à l’origine de nombreuses arnaques aux faux clics qui existent aussi aujourd’hui sur les ad-exchanges. En 2009, Microsoft et Symantec ont mis fin à un réseau qui dirigeait près de 2 millions de PC et générait plus de 3 millions de clics chaque jour. Alors finalement, la méthode reste la même c’est juste le support qui change, avant des bannières de pub et aujourd’hui des likes sur Facebook.


Adapté de TheGuardian