Tracking mobile : les risques de la vente des données consommateurs aux annonceurs ?

octobre 17, 2013

Dans un article intitulé “Vendant les secrets des utilisateurs de téléphone aux annonceurs”, le New York Times tente de faire le point sur le tracking ou « pistage » des citoyens par les toutes récentes solutions technologiques à des fins de ciblage publicitaire. Car nous avons franchi en effet une nouvelle étape où les bons et vieux cookies commencent à laisser la place aux technologies capables d’analyser les comportements d’un même utilisateur sur ses différents appareils, mobiles, tablettes, PC, etc. Ce changement augmente sensiblement les connaissances qu’ont désormais les marques sur chaque individu… et leur offre des stratégies encore plus sophistiquées de définition des messages publicitaires.

« Les personnes ne comprennent pas le tracking, qu’il soit dans le navigateur ou dans un appareil mobile, et elles n’ont aucune notion des pratiques actuelles », déclare au journal une experte qui étudie le droit de la vie privée à Berkeley et qui a conseillé la Commission Fédérale de Commerce sur les questions liées au tracking mobile. « Même pour un professionnel de la technologie, il est souvent difficile de démêler ce qui se passe », dit-elle.The New York Times

L’article cite l’exemple de l’entreprise Drawbridge, l’une de nombreuses start-ups ayant trouvé comment suivre les utilisateurs sans cookies, tout en identifiant les différents appareils qui leur appartiennent. « Nous observons vos comportements et déterminons des liens entre votre profil et des appareils mobiles », explique le responsable opérationnel de Drawbridge au journaliste du New York Times. Mais, attention, n’appelez pas ceci tracking, dit-il, car « c’est un mot péjoratif ». C’est ainsi que l’entreprise a envoyé des publicités sur des appareils mobiles à partir de l’analyse des sites que les utilisateurs avaient visités avec leur ordinateur. C’est ainsi que 1,5 milliards d’appareils ont été « matchés » par la start-up.

Le troisième journal américain le plus lu et qui a plus de lecteurs en ligne qu’en version papier attire notre attention sur le fait que des avocats spécialisés dans le respect de la vie privée craignent que les consommateurs n’aient pas conscience de combien ils se rendent vulnérables par leur simple usage quotidien d’Internet, voire par le fait d’avoir un smartphone dans leur poche ! Et ce dans un contexte de débat national au sujet de la surveillance que le gouvernement fait des individus et du droit au respect de la vie privé…

Décidément, vu le nombre d’entreprises qui développent des services de publicité mobile faisant un large usage des connaissances au sujet des comportements des consommateurs, il devient de plus en plus dur pour les « mobinautes » d’échapper au regard des entreprises privées. Parmi les grands annonceurs faisant usage des nouvelles méthodes de tracking mobile, l’article cite Ford Motor, American Express, Fidelity, Expedia, Quiznos et Groupon.

L.U.L.