Un français sur deux prêt à payer pour échapper à la publicité en ligne

décembre 3, 2014

digital-advertising-buttonLa publicité sur Internet fait beaucoup parler d’elle, notamment à cause de la gêne qu’elle génère chez les utilisateurs d’Internet. Afin de quantifier ce désagrément et de mesurer jusqu’où les Français seraient prêts à aller pour l’éviter, Opinionway et Mozoo ont mené l’enquête. Voici leurs conclusions :

La pub en ligne fait l’unanimité contre elle

La publicité en ligne est une nuisance selon huit Français sur dix

78% des Français affirment que la publicité en ligne est une nuisance lorsqu’ils naviguent sur Internet. Ce désagrément, partagé par toutes les strates de la population, fait apparaître un clivage entre jeunes et vieux : 84% des 65 ans et plus la jugent dérangeante contre 71% des 18-24 ans. Suivant le sexe, la tolérance à la publicité sur Internet varie sensiblement : 80% des femmes la décrient contre 74% des hommes.

La publicité mobile n’est pas épargnée

Si les français disent majoritairement être incommodés en premier lieu par la publicité sur leur écran d’ordinateur (70%), la publicité mobile n’est pas en reste. 20% des français gênés par la publicité déclarent que c’est sur leur smartphone qu’elle est la plus désagréable et 8% estiment que c’est sur leur tablette. Sachant que le taux d’équipement des français en smartphones et tablettes est inférieur à celui des ordinateurs, ces chiffres montrent que la publicité mobile devrait rapidement se reprendre en main si elle ne veut pas connaître le même taux de rejet de la part des consommateurs. Quant aux griefs contre la publicité mobile, elle perturbe la navigation pour 43%, elle est difficile à faire disparaître de l’écran pour 29%, omniprésente (21%) et ne correspond pas à leurs habitudes de consommation (7%).

history-of-advertisingLes jeunes adultes en pointe de la fronde contre la publicité mobile

47% des 25-34 ans estiment que la publicité sur smartphone et tablette est la plus dérangeante de toutes les publicités en ligne. Soit 19 points de plus que la moyenne nationale ! Un camouflet qui n’a rien d’anodin car ces jeunes adultes sont les principaux utilisateurs des terminaux mobile et donc les plus exposés à la publicité mobile.

50% des français prêt à mettre la main au porte-monnaie pou s’en séparer

Pour se débarrasser de la publicité en ligne, 50% des Français seraient prêts à payer…

Un Français sur deux accepterait de payer en moyenne 27 euros par an en plus de son abonnement à Internet (dans le détail : 17% paieraient entre 1 et 10€, 16% entre 11 et 30€ et 17% plus de 30€) pour mettre un terme au dérangement provoqué par la publicité sur Internet. Les 50-64 ans, très remontés contre la publicité digitale (75%), seraient même prêts à payer 39€ par an ! A l’inverse, les 18-24 ans et les foyers aux revenus modestes sont les plus réticents à l’idée de payer. En moyenne, les premiers seraient prêts à débourser 11 € et les seconds 13 €.

Mais seuls 13% accepteraient de payer le juste prix

Vierge de toute publicité, Internet coûterait 65€ par an en plus du prix mensuel exigé par le fournisseur d’accès ! Une somme que seuls 13% de la population accepterait de payer (dont 3% assurément). Sans surprise, ceux qui s’estiment les plus éprouvés par la publicité sur Internet (84% pour les 65 ans et plus) sont également les plus enclins à payer ce montant. Manifestement, bien que le désir d’être affranchi de la publicité en ligne soit majoritaire chez les Français peu d’entre eux sont prêts à réellement assumer les conséquences financières d’un Internet sans publicité.

jules-minvielle-mozoo-publicite-mobile« Les français ne sont pas tous prêts à payer le juste prix pour pouvoir naviguer sur internet sans publicité.  S’ils veulent continuer à accéder à des contenus de qualité, la publicité a donc encore de de beaux jours devant elle. Mais le jugement exprimé dans cette étude constitue un énième avertissement à l’attention des acteurs de la publicité en ligne », analyse Jules Minvielle, Président et Fondateur de Mozoo. Un avertissement d’autant plus sérieux qu’il est partagé par toutes les catégories de la population, y compris les jeunes ! Il s’agit donc d’un signal fort qui ne doit pas être pris à la légère si les publicitaires ne veulent pas se mettre leurs consommateurs à dos. C’est pourquoi je milite depuis plusieurs années pour l’émergence d’une nouvelle publicité au contenu de qualité et aux formats moins intrusifs et dont la généralisation réconcilierait les Français avec la publicité.

Pierre Berendes