Blocage des publicités : le prochain must ?

juin 15, 2015

iOS_content blockingLa bataille antiblocage publicitaire continue mais elle est menée entre bloqueurs également ! L’information selon laquelle Apple compte bien munir les systèmes iOS 9 ainsi que la nouvelle édition du navigateur pour Mac Safari d’un système de blocage de contenus afin de rendre les systèmes plus rapides a été très mal reçue et critiquée par des responsables d’Eyeo, l’éditeur d’Adblock Plus, ce logiciel assez populaire de blocage de publicités.

L’information de cette intégration sur iOS 9 et Safari 9 a été largement reprise et commentée même si elle n’avait pas été mise en valeur durant la conférence d’Apple. Comme le démontre Joshua Benton, dans son article sur Niemanlab (voir ici), il suffit de lire plus en détails la documentation d’Apple destinée aux développeurs sur le «  quoi de neuf » sur Safari (ici). En effet on y voit écrit noir sur blanc : « The new Safari release brings Content Blocking Safari Extensions to iOS. Content Blocking gives your extensions a fast and efficient way to block cookies, images, resources, pop-ups, and other content ». Le même système de blocage de contenus (listés ici comme des cookies, images, pop-ups, et « autres contenus ») est disponible pour le desktop.

Dans un billet publié sur le blog d’Adblock Plus Sebastien Noack considère que ces nouvelles possibilités finiront par empêcher tout blocage publicitaire sur Safari (lire ici).

how-adblock-plus-worksQui veut quoi ?

Le fait est que des deux côtés les choses ne sont pas si claires. Tout d’abord du côté d’Apple, que vont-ils vraiment bloquer, si l’on considère que leur revenus viennent aussi de la pub avec iAds pour les applications mobiles sur smartphones et tablettes ? Doit-on imaginer que ne seront bloqués que les contenus qui enrichissent les concurrents d’Apple, dont Google ? L’utilisateur aurai-t-il son mot à dire ? De nouvelles informations et éclaircissements ne manqueront certainement pas d’être donnés sur ce point.

Puis du côté d’Adblock Plus, logiciel utilisé régulièrement tout de même par 60 millions d’internautes selon l’entreprise. L’éditeur vient tout juste d’annoncer la mise en phase bêta d’un navigateur propre intégrant le blocage de publicités pour les téléphones mobiles sous Android (lire ici notre article sur ce sujet). Et leur projet était aussi de le faire sur iOS (lire ici l’article de The Guardian). Leur critique est donc totalement motivée par ces projets. N’oublions pas qu’Adblock Plus maintient tout de même une liste blanche de « publicités acceptables » et qu’il est payé pour cela. Et bien payé, si l’on se réfère au rapport du Financial Times selon lequel des géants tels que Google, Amazon et Microsoft financent l’éditeur pour avoir le droit de ne pas avoir leur publicités bloquées par le logiciel en question (lire ici notre article sur ce sujet).

Une chose est sûre, l’utilisation et le développement de logiciels de blocage publicitaire est à l’ordre du jour. Il suffit de voir la réalité en face : le nombre de personnes ne souhaitant pas recevoir des publicités n’est pas négligeable. Selon Business Insider Intelligence, environ 5% des utilisateurs d’Internet dans le monde ont utilisé ce type de logiciel durant le second trimestre de 2014. Cela fait 114 millions de personnes, dont les deux tiers se servent de Chrome ou de Firefox pour naviguer (données PageFair et Adobe).

Question : Et les contenus ? Qui va payer pour les contenus qui sont diffusés actuellement sur Internet gratuitement (en contrepartie de publicité) ?

 

LUL

 

(Images: developer.apple.com/library/prerelease; adblockplus.org.)